Guide des opérations

Accès client en marque blanche, sans perdre le contrôle

Par Alexey Bulygin
Un comptoir doté de plusieurs guichets séparés, chacun ouvert sur son propre ensemble d’étagères

La revente de messagerie fonctionne bien jusqu'au jour où un client veut effectuer lui-même une opération. Ajouter une boîte mail, réinitialiser un mot de passe, comprendre pourquoi un message a été rejeté : autant de petites demandes qui arrivent dans votre boîte de réception, faute de pouvoir lui donner accès sans tout lui ouvrir. L'accès client en marque blanche répond à ce problème : vos clients administrent leurs propres domaines, sous votre marque, sans rien voir de ce qui ne les concerne pas.

Cette page présente les droits que vous pouvez accorder à un client, ce qui lui reste masqué et les questions à trancher avant d'activer cet accès.

Le problème d'un tableau de bord partagé

La plupart des revendeurs finissent par adopter l'une de deux solutions peu satisfaisantes.

Soit le client n'a aucun accès et chaque modification, même insignifiante, devient une demande d'assistance. Cela reste gérable avec trois clients, mais plus avec trente. Vous devenez alors le point de blocage pour des tâches qui ne dégagent aucune marge.

Soit le client dispose de son propre compte, avec un abonnement et une facturation distincts. Vous n'êtes alors plus son fournisseur, mais un simple intermédiaire. Le problème d'accès est résolu, au prix de la relation client.

L'accès client en marque blanche offre le juste milieu que la plupart des plateformes ne proposent pas : un seul abonnement, le vôtre, au sein duquel chaque client reste limité à ses propres domaines. Vous conservez la relation commerciale et la facturation, tandis que vos clients gagnent l'autonomie nécessaire pour ne plus vous confier leur administration courante.

Ce que signifie réellement le cloisonnement

Tout le dispositif repose sur une règle : un client voit ses domaines et rien d'autre. Ni les domaines des autres clients, ni les paramètres généraux du compte, ni les informations commerciales.

Ce cloisonnement doit s'appliquer partout, et pas uniquement aux pages qu'un client consulte d'ordinaire. Filtrer la liste des domaines ne suffit pas. Chaque action qui modifie une donnée doit vérifier la même limite, faute de quoi un client ayant enregistré une URL ou modifié un identifiant pourrait accéder à un espace qui ne lui appartient pas. C'est le point à examiner de près sur toute plateforme proposant un accès client en marque blanche : filtrer une liste est simple, sécuriser chaque opération d'écriture l'est beaucoup moins.

Voici un test concret : demandez ce qui se passe si un client modifie l'identifiant du domaine dans une URL, et si le résultat est le même lorsqu'il consulte, modifie ou supprime une donnée. Il s'agit d'une défaillance du contrôle d'accès, la catégorie de vulnérabilités la plus courante dans les applications web, et les tableaux de bord mutualisés sont un terrain où elle se dissimule particulièrement bien.

Les droits que peut détenir un client

L'accès client en marque blanche est attribué par rôle et limité à des domaines précis. La bonne question n'est donc pas de savoir quelle offre utilise une personne, mais ce dont elle a réellement besoin.

  • Administration des boîtes mail. Créer, renommer et supprimer des boîtes sur ses propres domaines, définir les quotas et envoyer des invitations de configuration, afin que les membres de son équipe choisissent leur mot de passe au lieu d'en recevoir un tout fait.
  • Réinitialisation des mots de passe et récupération des accès. La demande d'assistance la plus fréquente peut ainsi être traitée sans votre intervention.
  • Routage. Alias, adresses attrape-tout et transfert au sein de ses domaines.
  • Diagnostic. Statistiques antispam et informations de distribution propres à ses domaines, pour lui permettre de comprendre seul pourquoi un message n'est pas arrivé.
  • Accès en lecture seule pour les personnes qui ont besoin de consulter les informations sans pouvoir les modifier, comme le responsable financier du client ou un membre junior de votre propre équipe.

Vos collaborateurs utilisent le même mécanisme. Une personne chargée de trois comptes peut être limitée à ces trois comptes, ce qui réduit aussi bien les conséquences d'une erreur ordinaire que celles d'un abus délibéré.

Les deux éléments que les clients ne voient jamais

Deux catégories sont volontairement invisibles dans le cadre d'un accès client en marque blanche. Leur importance est autant commerciale que technique.

Facturation et offres. Les clients ne voient jamais le coût de la plateforme, l'offre que vous avez souscrite ni ce que paient les autres clients. Ce n'est pas un simple détail de présentation : c'est ce qui sépare la revente de la mise en relation directe de vos clients avec votre fournisseur. Sur un hébergement en marque blanche, ces rubriques sont masquées pour tout le monde, y compris le titulaire du compte. Ni un partage d'écran ni la curiosité d'un client ne peuvent donc révéler votre marge.

Tout ce qui appartient aux autres clients. Cela paraît évident, mais il faut le préciser, car c'est une garantie que l'on vous demandera. Un client ne voit que ses domaines, ses boîtes mail et ses statistiques.

Les ressources consommables méritent elles aussi votre attention. Sur un hébergement en marque blanche, les crédits de vérification sont prélevés uniquement sur le solde acheté, et non sur l'allocation mensuelle d'une offre. Un client qui vérifie une liste volumineuse ne risque donc pas d'épuiser discrètement une ressource dont vous aviez besoin ailleurs.

Savoir qui a modifié quoi

Dès que l'accès client en marque blanche est activé et que plusieurs personnes peuvent apporter des modifications, il faut disposer d'un historique. Dans la pratique, cette fonction se révèle particulièrement importante.

Un journal d'activité indiquant les valeurs avant et après la modification répond à la véritable question. On ne vous demandera pas seulement si un élément a changé, mais quelle était sa valeur précédente. Un journal qui indique simplement que le quota d'une boîte mail a été modifié est presque inutile. S'il précise que le quota est passé de 5 Go à 500 Mo mardi à onze heures, avec le nom de la personne concernée, vous avez toute la réponse.

Ce dispositif vous protège davantage qu'il ne protège le client. Lorsqu'un client affirme ne pas avoir supprimé une boîte mail, l'historique permet de trancher sans débat et vous évite d'assumer le coût d'une erreur que vous n'avez pas commise.

Les questions à trancher avant l'activation

La configuration technique de l'accès client en marque blanche est rapide. Ce sont les décisions qui l'entourent qui détermineront s'il allège ou alourdit votre charge d'assistance.

Quels clients auront accès au tableau de bord ? Tous ne le souhaitent pas, et certains pourraient faire plus de mal que de bien. Il est tout à fait raisonnable de proposer cet accès de manière sélective.

Que peuvent-ils endommager ? Un client autorisé à supprimer des boîtes mail peut effacer une boîte qui contient encore des messages. Décidez si les actions irréversibles doivent faire partie du rôle attribué ou rester entre vos mains.

Qui doivent-ils contacter en cas de problème ? Comme l'accès porte votre marque, ils vous contacteront plutôt que de s'adresser à nous. C'est précisément le but, mais le dispositif ne fonctionne que si vos coordonnées d'assistance figurent dans le profil de marque, comme expliqué dans la page consacrée à la personnalisation du domaine.

Que se passe-t-il lorsque la relation prend fin ? Retirer l'accès d'un client ne doit pas perturber sa messagerie, et ses collaborateurs ne doivent pas perdre leurs boîtes parce qu'un administrateur a été supprimé. Vérifiez le fonctionnement de cette séparation avant d'en avoir besoin, pas au beau milieu d'une conversation difficile.

Le prix du module complémentaire

L'accès client en marque blanche complète l'abonnement White Label Lite existant, facturé $39 par mois ou $389 par an, sans entraîner de frais distincts. Il n'existe ni tarif par client ni nouvelle formule, de sorte que le calcul ne change pas lorsque vous ajoutez des clients.

C'est la principale différence commerciale avec les plateformes qui facturent les fonctions de revente pour chaque compte géré. Votre coût reste fixe, mais pas vos revenus. Un revendeur qui compte quarante clients paie autant qu'un revendeur qui en compte quatre, et les limites de boîtes mail dépendent de votre offre principale, pas du module de personnalisation.

Tant que l'abonnement est actif, il donne aussi droit à une remise de 10% sur les tarifs Drive en vigueur. Un avantage à prendre en compte si votre offre inclut du stockage.

Cet accès est-il vraiment utile ?

L'accès client en marque blanche n'est pas systématiquement la bonne solution. La réponse honnête dépend de la structure de votre activité.

Si vos clients demandent rarement des changements et si vous préférez rester la seule personne à toucher à la configuration, cet accès ajoute une interface à gérer pour un bénéfice limité. De nombreux petits revendeurs ont intérêt à conserver le tableau de bord pour eux et à traiter les demandes au fil de l'eau.

Il devient intéressant lorsque l'administration courante absorbe du temps que vous ne pouvez pas facturer, ou lorsqu'un client réclame un espace en libre-service et risque sinon de partir chez un fournisseur qui en propose un. Ce seuil se situe généralement entre dix et trente domaines clients. Le meilleur indicateur reste toutefois votre propre boîte de réception, pas un chiffre affiché sur une page.

La capacité essentielle à évaluer est la suivante : permettre aux clients d'administrer leurs propres domaines sous votre marque et dans le cadre de votre abonnement. Elle change ce que vous pouvez vendre, pas seulement l'apparence du service.

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